Le monde du travail et la persévérance scolaire

Le 15 février dernier, lors de la première Journée de mobilisation régionale pour la persévérance scolaire, plus de 370 chefs d’entreprises, enseignants, professionnels et cadres scolaires, élus, intervenants, chercheurs, parents et jeunes ont participé à cibler les enjeux auxquels la région devra s’attaquer pour augmenter le taux de diplomation de ses élèves et étudiants au cours des prochaines années. L’un des ateliers, intitulé Le monde du travail et la persévérance scolaire, s’intéressait plus particulièrement à la question suivante : comment nos entreprises peuvent-elles contribuer réellement et faire une différence?

Animé par madame Mylène Girard, directrice du Carrefour jeunesse-emploi Lac-Saint-Jean-Est, l’atelier a suscité un grand intérêt dans l’assistance et a soulevé des questions qui méritent une réflexion.

D’entrée de jeu, monsieur Éric Jean, professeur en gestion des ressources humaines, a exposé les différents enjeux auxquels sont confrontées les entreprises de la région. Le vieillissement de la population est une réalité qui affecte déjà la plupart des entreprises, et qui fait croître leurs besoins de main-d’œuvre. Par ailleurs, les pratiques de conciliation travail-famille ne sont pas toujours évidentes à mettre en place dans les entreprises. On peut ainsi tracer un parallèle entre ces enjeux et la conciliation études-travail. Pour monsieur Jean, le travail de sensibilisation entourant la conciliation études-travail doit se poursuivre dans les entreprises afin de susciter des questionnements chez leurs dirigeants et des changements concrets dans leurs pratiques.  

Cet atelier a aussi permis à une agente de la Certification Études-Travail, madame Catherine Boily, de parler des mesures qui se déploient concrètement au sein des entreprises certifiées de la région. De nombreux exemples ont été mentionnés. Il a entre autres été question des horaires particuliers pour les étudiants, des outils de sensibilisation disponibles dans les milieux de travail et de l’accompagnement réalisé auprès des étudiants travailleurs par les employeurs.

Finalement, un projet scolaire en lien avec les entrepreneurs de la communauté de Mashteuiatsh a illustré de façon concrète les bénéfices d’une bonnne conciliation études-travail. Une enseignante de l’école Kassinu Mamu a fait connaître le travail des élèves qui apprennent en emploi et qui réussissent, dans certains cas, à conserver leur travail et à s’épanouir dans celui-ci en plus de répondre à des besoins de main-d’œuvre dans les entreprises du milieu. Il s’agit là d’un bel exemple de partenariat entre les entreprises et une école.

Des échanges animés avec les participants ont suivi. Les gens du secteur de l’éducation ont manifesté leurs préoccupations quant aux conséquences possibles de l’actuelle pénurie de la main-d’œuvre, notamment celle de perdre des étudiants en cours de formation, avant l’obtention du diplôme, surtout au postsecondaire. En effet, des entreprises viendraient solliciter les jeunes sur les bancs d’école en leur offrant des emplois dans leur domaine d’études, même si ceux-ci n’ont pas encore gradué.

Puisque certains secteurs ont de grands besoins de main-d’œuvre, il y aurait lieu de voir comment ont pourrait établir un meilleur arrimage entre les employeurs et les écoles. Certains participants ont ainsi émis la possibilité d’accorder une plus grande place à la reconnaissance des acquis et aux programmes d’alternance travail-études. Une chose a toutefois fait l’unanimité : il faut poursuivre le travail pour la persévérance scolaire en collaboration avec le monde des affaires. Les employeurs ont sans l’ombre d’un doute un rôle important à jouer dans la persévérance scolaire de leurs employés aux études!